""Ce n'est pas de la bienveillance du boucher que nous attendons notre dîner."
"
Points clés à retenir0/5
📧 Recevez le résumé de cet article par email
Gardez l'essentiel à portée de main, sans relire 15 minutes d'article.
✓ Gratuit ✓ Pas de spam ✓ Désinscription en 1 clic
01.Conventions réglementées : Un mécanisme essentiel de prévention des conflits d'intérêts
Dans le monde de la gestion d'entreprise, le risque de *conflit d'intérêts* est latent, surtout lorsque les dirigeants ou les associés sont amenés à transiger avec la société qu'ils dirigent ou détiennent. Pour y faire face et protéger l'intérêt social, le législateur a mis en place un cadre strict : les conventions réglementées. Ces accords, loin d'être anodins, sont au cœur de la *gouvernance d'entreprise* et nécessitent une attention particulière de la part des entrepreneurs. Elles garantissent la transparence et l'équité des opérations.
Cet article, conçu par les experts de Compta Spot, vous offre une exploration détaillée des conventions réglementées, de leurs différentes catégories et des procédures à suivre, quel que soit le statut juridique de votre entreprise. Une bonne compréhension de ces mécanismes est indispensable pour tout entrepreneur soucieux de la pérennité et de la conformité de son activité.
02.Qu'est-ce qu'une convention réglementée ? Définition et enjeux
Une convention réglementée est un accord conclu entre une société et l'une de ses *parties liées*. Ces "parties liées" peuvent être un dirigeant, un associé (détenant une part significative du capital), un actionnaire, ou même une entreprise dans laquelle l'une de ces personnes a un intérêt direct ou indirect. Le caractère "réglementé" de ces conventions découle de la nécessité d'une procédure de contrôle spécifique destinée à prévenir tout potentiel *conflit d'intérêts* et à assurer que l'opération est réalisée dans l'intérêt social de l'entreprise.
L'objectif fondamental des conventions réglementées est de protéger la société et ses actionnaires minoritaires contre d'éventuels abus ou décisions prises non pas pour le bien de l'entreprise, mais pour l'avantage personnel des parties liées.
Ces conventions se distinguent clairement des opérations courantes et des conventions purement interdites, marquant ainsi leur position unique dans le droit des sociétés.
Faites-vous accompagner par un expert-comptable
Trouvez le professionnel idéal pour votre situation
03.Les différents types de conventions qui jalonnent la vie de l'entreprise
Pour clarifier le panorama des accords susceptibles d'être conclus par une entreprise, il est essentiel de distinguer trois grandes catégories de conventions : les conventions courantes, les conventions interdites et, bien sûr, les conventions réglementées.
Les conventions courantes (ou libres) : la règle sans formalités
Les conventions courantes, également appelées conventions libres, regroupent les actes qui s'inscrivent dans le cadre normal de l'activité de l'entreprise et sont conclues à des conditions normales. En d'autres termes, ce sont des opérations habituelles, réalisées aux mêmes conditions que celles que l'entreprise proposerait à un tiers indépendant.
L'article L. 223-20 du Code de commerce pour les SARL, et L. 227-10 du Code de commerce pour les SAS, sont des références clés pour la distinction des conventions. Elles sont souvent qualifiées "d'opérations courantes conclues à des conditions normales".
Exemples de conventions courantes :
- L'achat de fournitures de bureau auprès d'une entreprise appartenant à un associé, si les prix et les conditions sont les mêmes que ceux du marché.
- La souscription d'un abonnement de téléphonie mobile pour un dirigeant, selon les tarifs habituellement proposés par l'opérateur à ses clients professionnels.
Ces conventions n'exigent aucune procédure d'approbation particulière et ne sont pas soumises au contrôle des associés. Cependant, la qualification de "courante" doit être appréciée avec prudence et peut être remise en question par les juges en cas de litige.
Les conventions interdites : la ligne rouge à ne pas franchir
À l'opposé des conventions courantes, certaines conventions sont catégoriquement proscrites par la loi en raison du risque *systématique* et élevé de conflit d'intérêts ou d'abus qu'elles représentent. Ces conventions interdites sont frappées de nullité absolue et peuvent entraîner des conséquences graves pour le dirigeant.
Exemples typiques de conventions interdites :
- L'octroi par la société d'avances de fonds, de prêts ou de garanties (cautions, avals) au profit de ses dirigeants (gérant, président) ou de ses *administrateurs* (pour les SA).
- La prise en charge par la société des dettes personnelles de ses dirigeants.
Le non-respect de cette interdiction est sanctionné sévèrement : la convention est *nulle de plein droit*, et le dirigeant peut engager sa *responsabilité civile et pénale* pour abus de biens sociaux.
Les conventions réglementées : entre liberté contractuelle et contrôle strict
Les conventions réglementées se situent entre les deux précédentes catégories. Elles ne sont ni des opérations courantes de l'entreprise, ni des opérations strictement prohibées. Elles sont potentielles de conflits d'intérêts mais peuvent être justifiées par l'intérêt de l'entreprise. C'est pourquoi elles sont soumises à une procédure d'autorisation et de contrôle rigoureuse.
Quelques exemples concrets de conventions réglementées :
- La vente d'un bien immobilier détenu par la société à l'un de ses associés.
- Un contrat de prestation de services conclu entre la société et une entreprise détenue par son dirigeant.
- La conclusion d'un bail commercial entre la société et un associé propriétaire des locaux.
- Les conventions de compte courant d'associé rémunéré (prêt d'argent par un associé à la société contre intérêts).
Le rôle de la procédure d'approbation est double : elle vise à s'assurer que la convention est conclue dans l'intérêt de la société et que les conditions sont équitables, comparables à celles qu'un tiers aurait obtenues.
Le contrôle des conventions réglementées est un pilier de la transparence et de la confiance dans la gouvernance d'entreprise. Il vise à éviter que des intérêts personnels ne priment sur l'intérêt collectif des actionnaires et des partenaires.
Besoin d'un expert-comptable pour vous accompagner ?
Trouvez le professionnel adapté à votre situation en quelques clics.
04.La procédure des conventions réglementées : un parcours balisé
La procédure d'approbation des conventions réglementées est un processus détaillé qui diffère légèrement selon la forme juridique de l'entreprise (SARL, SAS, SA). Cependant, les principes fondamentaux restent les mêmes : information, délibération et approbation.
05.Conventions réglementées dans les différentes formes de sociétés
Le régime des conventions réglementées est adapté à la spécificité de chaque structure juridique. Il est crucial d'en comprendre les nuances pour chaque type de société.
En Société à Responsabilité Limitée (SARL)
En SARL, les conventions conclues entre la société et l'un de ses gérants ou associés (détenant plus de 5% du capital social) entrent dans le champ des conventions réglementées. La procédure implique : le rapport spécial du gérant, l'approbation des associés en assemblée générale (sans la participation au vote du gérant ou de l'associé intéressé) et le rapport du commissaire aux comptes si la SARL en est dotée.
En Société par Actions Simplifiée (SAS)
La SAS offre une grande liberté statutaire. Par conséquent, les *statuts* peuvent aménager la procédure des conventions réglementées. Cependant, la loi impose que les conventions conclues avec un président, un directeur général, un directeur général délégué, un membre du conseil d'administration (si les statuts en prévoient un) ou un actionnaire détenant plus de 10% des droits de vote, soient soumises à une procédure de contrôle déterminée par les statuts. À défaut de dispositions statutaires, les règles des sociétés anonymes s'appliquent.
En Société Anonyme (SA)
Pour les SA, le régime est l'un des plus rigoureux. Les conventions avec les administrateurs, le directeur général, les directeurs généraux délégués, les représentants permanents des personnes morales administrateurs, et les actionnaires détenant plus de 10% des droits de vote sont soumises à la procédure des conventions réglementées. Elle implique une autorisation préalable du conseil d'administration et une approbation a posteriori par l'assemblée générale des actionnaires, après rapport spécial du commissaire aux comptes.
En Société Civile Immobilière (SCI) ou autres sociétés civiles
Les sociétés civiles, y compris les SCI, sont également concernées. Les conventions passées entre la société et un gérant ou un associé sont soumises à la procédure des conventions réglementées, sauf si les statuts prévoient d'autres modalités. En l'absence de commissaire aux comptes, l'information et l'approbation des associés sont d'autant plus cruciales.
1
SARL
SAS SA
2
Gérant ou associé (>= 5% du capital)
Président, DG, DGD, membre CA, actionnaire (>= 10% des droits de vote) Administrateur, DG, DGD, actionnaire (>= 10% des droits de vote)
3
Rapport gérant, approbation AG (vote intéressé exclu)
Fixé par les statuts, à défaut règles des SA Autorisation préalable CA, approbation AG (vote intéressé exclu), rapport CAC
Le saviez-vous ?
En France, plus de 70 % des entrepreneurs déclarent que le choix d'un expert-comptable a eu un impact direct sur la croissance de leur entreprise.
06.Conseils pratiques pour gérer les conventions réglementées
La bonne gestion des conventions réglementées est le signe d'une *gouvernance* saine et aide à prévenir les litiges. Voici quelques conseils pratiques :
- Anticipez : Identifiez en amont les opérations qui pourraient relever des conventions réglementées. Ne prenez pas de décisions qui impliquent une partie liée sans avoir réfléchi à la procédure.
- Documentez tout : Conservez une trace écrite de toutes les étapes de la procédure : notifications, rapports, procès-verbaux d'assemblée. La traçabilité est votre meilleure alliée en cas de contestation.
- Soyez vigilant sur les conditions : Assurez-vous que les termes de la convention sont équitables et qu'ils sont en ligne avec les prix du marché. Une expertise indépendante peut parfois être utile.
- Informez-vous : Les règles peuvent évoluer. Restez informé des dernières dispositions légales et jurisprudentielles en matière de droit des sociétés.
En cas de doute sur la qualification d'une convention ou sur la procédure à suivre, n'hésitez jamais à solliciter les conseils de votre expert-comptable ou d'un avocat spécialisé. Leur expertise est précieuse pour sécuriser vos opérations.
Besoin d'un expert-comptable pour vous accompagner ?
Trouvez le professionnel adapté à votre situation en quelques clics.
07.Conclusion : L'importance d'une gestion rigoureuse
Les conventions réglementées sont un dispositif juridique fondamental pour assurer la *transparence* et l'*intégrité* des transactions au sein d'une entreprise. Elles protègent non seulement la société des potentiels abus, mais renforcent également la confiance des associés, des partenaires et des tiers. Une gestion rigoureuse de ces conventions est le reflet d'une *gouvernance d'entreprise* mature et responsable.
Ne sous-estimez jamais l'impact d'une procédure mal menée. Les conséquences, qu'elles soient financières, juridiques ou réputationnelles, peuvent être lourdes. Pour naviguer en toute sécurité dans ce cadre complexe et veiller à la conformité de votre entreprise, l'accompagnement d'un expert-comptable est un atout indispensable. Sur Compta Spot, nous vous mettons en relation avec des professionnels compétents et expérimentés qui sauront vous éclairer et sécuriser vos opérations. Prenez rendez-vous dès aujourd'hui pour un accompagnement sur mesure et durable.
🎯 On vous trouve votre expert-comptable pour la facturation électronique
Gagnez du temps : nous sélectionnons pour vous les meilleurs experts-comptables spécialisés dans votre secteur et votre problématique. C'est gratuit, sans engagement, et vous recevez jusqu'à 3 devis personnalisés sous 48h.
Questions fréquentes
Tags :
Pour aller plus loin : découvrir Compta Spot



